Rainettes ibérique & Rainette verte

Régions concernées :
Groupes taxonomiques concernés :
Milieux naturels concernés :

Description

3 espèces de rainettes sont présentes en France :

  • la rainette ibérique qui, malgré son nom, n’est présente que dans les milieux les plus frais de l’Espagne et du plateau landais. On la retrouve essentiellement dans les lagunes.
  • la rainette verte, autre espèce de milieux frais, largement présente dans les 2/3 nord de la France, mais aussi de l’Europe.
  • la rainette méridionale, espèce d’affinité méditerranéenne, présente dans le sud de la France, le sud de l’Espagne et du Portugal et le Maghreb.

Découvrez ces espèces en vidéo.

Description de la vidéo

Sous l’immense forêt du triangle landais, lagunes et marais ponctuent le territoire d’habitats frais et humides. A la nuit tombée, le chant rythmé des grenouilles envahit peu à peu l’espace. Ici, vit, depuis longtemps, une espèce unique en France : la rainette ibérique. Inféodée à ce micro climat frais, très exigeante envers la qualité de son habitat, elle survit aujourd’hui dans ces dernières enclaves ayant échappé à l’assèchement de la forêt landaise.
Depuis quelques années, elle voit s’installer à ses côtés une cousine arrivée du sud : la rainette méridionale.
C’est par l’ écoute de leurs chants que Maud les identifie et estime l’abondance des populations de ces deux espèces.
Intervention de Maud Berroneau de Cistude Nature : « Celle qui chante, c’est une méridionale. C’est très lent, répété lentement. Ce ne sont que les mâles qui chantent. Les femelles ne chantent pas. Et voilà la rainette ibérique. »
Si Maud suit de près les populations de ces deux rainettes, c’est qu’elles réagissent fortement réchauffement climatique. Alors que la rainette ibérique semble subir les effets de la baisse de l’humidité et de l’hygrométrie, la rainette méridionale profite de la hausse des températures pour coloniser de nouveaux territoires à l’ouest mais aussi vers le nord.
Sa progression la mène aujourd’hui sur des sites où est présente une troisième espèce : la rainette verte. D’affinités froide, cette dernière est largement répartie dans le nord de l’Europe. Gaëlle Caublot du GMHL prête une oreille attentive à ces populations pour suivre la cohabitation à venir des deux grenouilles.
Ainsi, le changement climatique rebat les cartes de répartition des espèces. La rainette ibérique est-elle amenée à disparaître de la Nouvelle Aquitaine et donc de France ? La rainette verte va-t-elle devoir remonter plus au nord ? Quant à la rainette méridionale, jusqu’où va-t-elle y étendre sa colonisation ? Serait-ce au détriment des deux autres espèces ? Autant de questions qui se posent au regard du bouleversement climatique en cours.

Rainette ibérique en Nouvelle-Aquitaine

Rainette méridionale (en haut) et ibérique (en bas) © M.Berroneau

Sur le plateau landais, la rainette ibérique est bien présente dans les lagunes où elle trouve les conditions de fraicheur qui lui sont nécessaires.

La rainette méridionale, pénètre parfois sur certaines lagunes (à l’est du plateau landais), cohabitant ainsi avec la rainette ibérique.


Effets possibles du changement climatique

Rainette ibérique

Cette espèce pourrait ne plus trouver les conditions de fraicheur qu’elle affectionne. Isolée dans le triangle landais, elle ne pourra pas se déplacer plus au nord. Elle pourrait être amenée à disparaitre de ce secteur, et donc de France… La rainette méridionale, plus adaptée aux conditions chaudes et sèches, pourrait s’installer dans ces milieux qu’elle occupe peu actuellement.


Suivis scientifiques

Cistude Nature met en place des suivis de la répartition et de l’abondance des rainettes ibérique et méridionale sur le plateau landais. Une douzaine de lagunes sont suivies grâce à l’écoute des chants des mâles au moment de la reproduction.
Jusqu’en 2021, trois sessions d’écoute par an étaient réalisés.

En 2022, un nouveau protocole a été testé : l’enregistrement des chants pour une analyse postérieure.
Depuis 2023, des enregistreurs sont installés à proximité des points d’eau. Ils vont enregistrer les sons du milieu pendant 2h30 après le coucher du soleil pendant toute la période de reproduction des rainettes. Ces bandes sonores seront ensuite analysées pour déterminer l’espèce (ou les) espèce(s) qui chantent, ainsi que le nombre de mâles en train de chanter.