La vipère péliade, sentinelle du climat en Normandie
Entre 2016 et 2021, une première série de vidéos a vue le jour à l’initiative de Cistude Nature. Ces vidéos présentent le programme les sentinelles du climat et sont à retrouver ici. Pour compléter ce travail, les sentinelles du climat normandes proposent en 2026 une vidéo qui illustre les études menées sur les espèces sentinelles en Normandie, avec un focus sur la vipère péliade.
Description de la vidéo
Dans les landes, en Normandie, le rose des bruyères en fleur a de quoi attirer notre attention… En plus de nous émerveiller, ces petits coins de paradis cachent une hôte aux couleurs plus discrètes : la vipère péliade. Vous la verrez peut-être au printemps, au pied d’un buisson d’ajonc, à la recherche des rayons de soleil. Malgré ce que l’on pourrait croire, cette espèce affectionne en fait la fraîcheur et l’humidité. Le climat humide de la Normandie en fait donc une région de choix pour cette vipère. D’ailleurs, un quart de la population française se concentre actuellement en Normandie. Alors, où peut-on l’observer ? Dans les milieux humides tels que les tourbières, ainsi que les milieux forestiers, le littoral et plus surprenant encore, les milieux plus secs tels que les pelouses sèches. Mais face aux changements climatiques, ces habitats seront-ils encore favorables pour la vipère péliade? Pourra-t’elle s’adapter à des conditions météorologiques plus sèches et plus chaudes ? C’est ce que les naturalistes du programme scientifique les sentinelles du climat tentent de comprendre. Dès le printemps, ils partent sur le terrain pour noter l’absence ou la présence de vipères péliades le long de transects, sur des sites choisis pour le programme. Un suivi réalisé dans quatre sites du Cotentin montre déjà un déclin très marqué de la Vipère péliade avec une régression de 78 % des effectifs en 20 ans. Cependant, dans les landes par exemple, il semblerait que l’espèce résiste mieux dans les secteurs humides. Cette hypothèse sera testée par les scientifiques du programme.Comment chercher ? La vipère péliade prend le risque de se dévoiler car elle est ectotherme : elle a besoin des rayons du soleil pour atteindre une température optimale pour son métabolisme et être active. Elle n’est toutefois jamais loin d’une cachette pour fuir rapidement à l’approche d’un intrus. Les zones buissonnantes sont donc un refuge de choix dans les landes humides par exemple. De nombreuses espèces occupent ces milieux frais et humides car elles y trouvent les conditions de vie qu’elles affectionnent. C’est le cas du lézard vivipare, autre espèce sentinelle suivie par les naturalistes. La vipère péliade et le lézard vivipare sont des espèces extrêmement fragiles, car particulièrement dépendantes de leur milieu naturel, elles ont besoin d’humidité pour vivre. À l’avenir, des épisodes de sécheresse les rendraient donc très vulnérables.
Conseil scientifique : Mickaël Barrioz, Gabrielle Sauret. Réalisation image, montage voix off : Manon Jean. Images et vidéos complémentaires : Noam Meresse.