Lecture : nouveaux rapports des CBN sur les hêtraies de plaine et sur la flore menacée !
Microclimat des hêtraies de plaine et évolution depuis 2020
Le rapport dédié à l’étude du microclimat et à l’évolution à court terme de la flore des forêts à Hêtre de plaines en Nouvelle-Aquitaine est paru, disponible en suivant ce lien.
Ce travail s’inscrit dans le cadre du programme « les Sentinelles du Climat », grâce auquel les Conservatoires botaniques nationaux Sud-Atlantique et du Massif Central ont développé un réseau de surveillance de ces habitats relictuels de la région. Ce suivi consiste en la réalisation d’inventaires floristiques tous les 5 ans, compatibles avec le réseau national RENECOFOR, et de mesures des données de température et d’humidité relative à l’échelle microclimatique, deux composantes clés dans l’étude de la flore forestière, à travers de stations météorologiques installées en sous-bois.
Ce rapport dresse un premier bilan de l’évolution des communautés végétales, ainsi que des données météorologiques récoltées depuis 2019 lors de l’installation des premières stations. La composition des communautés végétales reste similaire sur le pas de temps étudié (2020-2025), en raison d’une inertie liée au microclimat forestier. Une certaine disparité d’évolution se distingue malgré tout entre les différentes végétations de hêtraies. Le microclimat forestier, à travers un effet tampon marqué vis-à-vis des conditions macroclimatique, participe à la résistance de ces communautés d’espèces particulières. Cependant, cet effet est à surveiller, et à conserver à travers une gestion adaptée, au regard des évolutions climatiques futures.
1e liste régionale de la flore menacée par le changement climatique en Nouvelle-Aquitaine
Fruit de travaux menés depuis plusieurs années, ce rapport de synthèse présente la démarche d’évaluation de la sensibilité climatique de la flore de Nouvelle-Aquitaine, basée sur la projection des aires climatiques des espèces et de leur évolution future en fonction des différents scénarios établis par le GIEC. L’un des aboutissements de ce travail est l’élaboration d’une première liste de 350 espèces de flore vasculaire (Flore SentiNA) pour lesquelles l’emprise spatiale des aires climatiques favorables seraient en régression significative au cours des prochaines décennies. Cette liste, bien que non exhaustive, constitue déjà néanmoins un outil opérationnel pour la bioévaluation, la conservation et la planification territoriale :
- intégrer le facteur climatique dans les stratégies de gestion,
- renforcer les dispositifs de mesures des impacts du changement climatique,
- anticiper et atténuer les effets du changement climatique sur la biodiversité.
Dans cette logique, les perspectives concerneront l’actualisation des données floristiques, climatiques et environnementales et, autant que possible, l’intégration d’interactions biotiques et la prise en compte des capacités de dispersion des espèces. Ce travail devrait enfin être mené sur une emprise géographique plus large que la seule région administrative, a minima en intégrant l’entièreté du Bassin aquitain. Ces développements futurs devraient ainsi permettre de compléter progressivement cette première liste Flore SentiNA.