Les Sentinelles du Climat

0%
Logo Union Européenne
logo-nouvelle-aquitaine Logo Département de la gironde
Logo Pyrenees-atlantiques
Cistude Nature Logo CBNSA Logo CEN aquitaine
dge
laaboratoire de mathématiques et leurs applications institut pluridisciplinaire hubert curien gmhl graine aquitaine

Les Sentinelles du Climat

Portail général

Pelouses calcicoles

Les pelouses calcicoles sont dominées par des plantes herbacées, souvent témoins d’un pastoralisme historique. Elles se développent sur des sols plus ou moins calcaires. Ces sols sont souvent peu épais, pauvres en matière organique et très secs (le substrat calcaire ne retient pas l’eau qui s’infiltre rapidement en profondeur).

Elles sont souvent présentes dans des secteurs en pente et bien ensoleillés, comme les coteaux et plateaux calcaires de la Charente-Maritime, de la Charente, de la Dordogne et du Lot-et-Garonne, et du bassin sédimentaire de Brive.

Selon leur exposition, la pente, le ruissellement de l’eau, le type de sol, ces pelouses présentent des physionomies et un cortège d’espèces différent. On les nomme mésophiles dans des stations peu pentues, où l’eau est davantage retenue et le sol plus épais. Les pelouses xérophiles poussent sur des sols très fins et très secs.

pelouses-calcioles-icon

Flore

  • Stéhéline douteuse © Jean-Claude Abadie, CBNSA

  • Hélianthème des Apennins © Jean-Claude Abadie, CBNSA

  • Argyrolobe de Linnée © Jean-Claude Abadie, CBNSA

  • Leuzée conifère © Jean-Claude Abadie, CBNSA

  • Dorycnie à cinq feuilles © Jean-Claude Abadie, CBNSA

Les espèces végétales des pelouses calcicoles ont une tendance thermophile : elles aiment la chaleur. De nombreuses espèces ne poussent que dans ces milieux chauds, secs, pauvres en matière organique mais riches en sels minéraux. La lavande à larges feuilles, la stéhéline douteuse ou l’hélianthème des Apennins sont caractéristiques de ces milieux, comme beaucoup d’autres plantes adaptées à ces contraintes. Ces pelouses abritent également de nombreuses espèces patrimoniales comme l’argyrolobe de Linnée, la leuzée conifère, la phalangère à fleurs de lis et la dorycnie à cinq feuilles.

La composition et la structure des habitats qu’elles constituent entretiennent un lien étroit avec les pelouses méditerranéennes. En effet, les pelouses sèches de Nouvelle Aquitaine sont particulièrement originales, composées d’un cortège d’espèces en partie méditerranéennes, et en partie atlantiques et continentales.

Quels sont les effets possibles du changement climatique sur le cortège d'espèces ?

Avec les modifications du climat, certaines espèces ne trouveront plus les conditions nécessaires à leur développement : elles disparaîtront donc de ces habitats. Inversement, des espèces plus adaptées aux nouvelles conditions pourraient profiter de ces évolutions pour s’implanter. Quel sera l’impact des modifications climatiques sur la composition floristique des cortèges ?

Quels suivis scientifiques sont mis en place ?

Le CBN Sud-Atlantique et le CNB Massif Central encadreront les suivis floristiques réalisés au sein de placettes permanentes* dans différents secteurs de la région, afin de suivre la composition et la structure des communautés végétales dans les milieux concernés de façon fine au fil du temps.

* Placettes permanentes : surface délimitée, localisée avec précision et instrumentée, dans laquelle des inventaires sont effectués selon un pas de temps défini.
Papillons

Papillons

  • Azuré bleu céleste © Mathieu Molières

  • Azuré du serpolet © Mathieu Molières

  • Fluoré - CC BY-NC-ND 2.0 Charlie Jackson

  • Citron de Provence - CC BY-SA 2.0 Ferran Pestaṅa

Sur les pelouses calcicoles, on rencontre un cortège spécifique de papillons en raison de l’écologie de leur(s) plante(s) hôte(s), présente(s) seulement dans ce type d’habitat. C’est le cas de l’azuré du serpolet, du bel-argus, de l’azuré bleu-nacré, du fluoré ou encore du citron de Provence.

Quels sont les effets possibles du changement climatique sur le cortège d'espèces ?

La hausse des températures et les modifications des conditions hydriques vont impacter les habitats de ces papillons. Ils vont aussi permettent à des espèces originaires du bassin méditerranéen de trouver des conditions climatiques adaptées. Les cortèges pourraient évoluer, avec l’apparition ou la disparition de certaines espèces. Quelle sera l’évolution des cortèges de papillons des pelouses calcicoles ?

Quels suivis scientifiques sont mis en place ?

Cistude Nature et le CEN Aquitaine mettent en place des suivis de la répartition et l’abondance du cortège des papillons des pelouses calcicoles. Le protocole utilisé est un protocole national, nommé STERF (Suivi Temporel des Rhopalocères de France). Plusieurs transects*, répartis dans l’ensemble de la région, feront l’objet de passages pluriannuels tout au long du programme.

* Transect : dispositif d’observation de terrain, le long d’un tracé linéaire, destiné à mettre en évidence le cortège global des papillons présents dans un habitat homogène donné (pour ce suivi).

Ce suivi sera mis en lien avec celui de la flore afin d’appréhender l’effet de l’évolution des cortèges floristiques.

Souris à queue courte

Souris à queue courte

  • Souris à queue courte ©Matthieu Berroneau

  • Souris à queue courte ©Matthieu Berroneau

Cette espèce est typiquement méditerranéenne. Elle remonte du sud par le couloir de la Garonne, comme beaucoup d’espèces d’affinité méditerranéenne.

Contrairement à la souris domestique, la souris à queue courte n’est pas commensale de l’Homme : elle ne vit pas dans les maisons, mais plutôt dans la végétation buissonnante et herbacée haute. Elle a une grande plasticité dans ses choix d’habitats et peut coloniser les milieux les plus extrêmes.

En 1984 (Atlas des mammifères de France), elle était présente à Toulouse mais pas plus au nord. Elle semble être apparue récemment dans la région. Elle ne serait présente, actuellement, que dans le sud du Lot-et-Garonne.

Quels sont les effets possibles du changement climatique sur l'espèce ?

Dans un contexte de réchauffement climatique, la souris à queue courte devrait continuer à étendre son aire de répartition, puisque les conditions extérieures lui seront de plus en plus favorables au nord. Cette espèce méditerranéenne va-t-elle coloniser de nouveaux territoires ?

Quels suivis scientifiques sont mis en place ?

Cistude Nature, dans un premier temps, va tester la mise en place d’un suivi par la récolte des pelotes de réjection des chouettes effraies (contenant les os des micromammifères mangés). En fonction de la faisabilité du protocole, la répétition annuelle de la récolte et de l’analyse des crânes sera mise en place, afin d’évaluer l’évolution de la répartition et de l’abondance de l’espèce à la limite nord de son aire de répartition.

Pachyure étrusque

Pachyure étrusque

  • Pachyure étrusque ©Christian Konig

  • Pachyure étrusque ©Christian Konig

 

C’est l’un des plus petits mammifères au monde.

L’adulte pèse environ 2 grammes et mesure entre 3,5 et 5,5 cm, queue comprise… la taille d’une clé USB.

Elle fait partie de la famille des musaraignes et se nourrit d’insectes. Elle affectionne particulièrement les criquets et les grillons qu’elle n’hésite pas à capturer bien qu’ils puissent être plus grands qu’elle !

Cette espèce est typiquement méditerranéenne. Elle est présente en France sur tout le pourtour méditerranéen. Elle remonte du sud par le couloir de la Garonne jusqu’en Charente-Maritime (et le long du Rhône côté est). Elle est observée en Nouvelle Aquitaine depuis 1973.

La pachyure étrusque vit dans les milieux chauds rocailleux (aussi dans les murets des jardins, et même dans les maisons en hiver).

Quels sont les effets possibles du changement climatique sur l'espèce ?

Le réchauffement climatique pourrait permettre à cette espèce de coloniser de nouveaux territoires plus au nord de son aire de répartition actuelle. Cette espèce méditerranéenne va-t-elle coloniser de nouveaux territoires ?

Quels suivis scientifiques sont mis en place ?

Cistude Nature, dans un premier temps, va tester la mise en place d’un suivi par la récolte des pelotes de réjection des chouettes effraies (contenant les os des micromammifères mangés) et tester le suivi par piégeage. En fonction de la faisabilité du protocole, la répétition annuelle de ou des protocoles sera mise en place, afin d’évaluer l’évolution de la répartition et de l’abondance de l’espèce à la limite nord de son aire de répartition.